Présentation

 Présentation de l’IMM

L’Institut Marcel Mauss est une UMR du CNRS et de l’EHESS né au 1er janvier 2006 comme une fédération de plusieurs centres de recherches de l’EHESS. 

En nous plaçant sous la figure tutélaire de Marcel Mauss, nous pensons exprimer la raison même qui nous fédère. L’articulation des différentes disciplines et approches qui ont été au centre de l’œuvre de ce maître de la tradition sociologique française, et auxquelles il a entrepris il y a un siècle de fournir une plateforme commune de réflexion, sont toutes représentées dans notre Institut : la science du droit (notamment l’histoire des droits comparés), les sciences du langage, la sociologie et l’anthropologie.

Nos travaux, répartis en différents chantiers et objets d’études, sans que les disciplines et leur méthodes spécifiques soient jamais confondues, se recroisent et renouvellent constamment leurs problématiques à travers une réflexion sur les normes, le langage et les pratiques sociales.

Cette transdisciplinarité maîtrisée trouve des conditions particulièrement favorables dans notre ancrage commun à l’EHESS, où les collaborations ont l’occasion de s’exprimer sous différentes formes, que ce soit à travers les séminaires, les journées d’études ou les programmes de recherches élaborés de façon concertée. 

 

Il est membre du LabEx TEPSIS (Transformation de l'Etat Politisation des sociétés Institution du social).

Il héberge le Centre d'Etudes John Dewey/Center for Dewey Studies France.

 

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L’IMM est né au 1er janvier 2006 comme une fédération de plusieurs centres de l’EHESS :

Le Centre d’Études des Mouvements Sociaux (CEMS), dont les recherches portent principalement sur l’espace public démocratique, son rapport à l’information, les phénomènes de mobilisation collective et l’analyse des formes d’action politique.

Le Centre d’Études des Normes Juridiques (CENJ), dont les recherches portent surfigures historiques de la normativité, les modes du raisonnement casuistique, les transformations de la catégorie de biens communs, les évolutions du droit relatif au vivant.

Le Laboratoire Linguistique Anthropologique et Sociolinguistique (LIAS), qui déploie ses recherches en direction de l’anthropologie sémiotique, du rapport entre formes symboliques et objets culturels, des liens entre langues, arts et organisation sociale.

Le Laboratoire Interdisciplinaire d’Études sur les Réflexivités (LIER), qui étudie de trois points de vue, sociologique, philosophique et historique, le développement et la spécificité des pratiques réflexives à l’œuvre dans les sociétés modernes.

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Depuis la création de l’IMM, trois axes ont pris forme, qui permettent de tracer le cadre dans lequel se déploient les recherches que chaque centre porte en propre, en même temps qu’ils alimentent les thèmes transversaux qui donnent à l’Institut en tant que tel une visibilité de plus en plus forte et une existence de plus en plus intégrée. Sans cesser d’être une fédération, l’IMM a acquis au cours des quatre dernières années une identité bien marquée, qui n’est pas imputable à une unité de méthode, mais plutôt à la circonscription d’une espace de problèmes autour desquels gravitent les travaux des divers chercheurs, quel que soit leur appartenance disciplinaires ou leur manière de prolonger tel ou tel paradigme interprétatif.

Ces axes sont les suivants :

  1. Espace public, pratiques et réflexivités

  2. Cognition, langage et production des formes symboliques

  3. La normativité sociale et ses variations historiques et anthropologiques

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Initialement formé comme une fédération d’équipes de sociologie, différentes par leurs orientations empiriques mais procédant de paradigmes méthodologiques et épistémiques susceptibles de s’enrichirmutuellement, l’IMM a évolué vers une formation pluridisciplinaire, paradoxalement plus intégrée que lorsqu’elle se plaçait dans un champ disciplinaire unique. A ce titre, l’IMM représente une singularité dans le paysage scientifique global de l’INSHS. Philosophes, linguistes et juristes ont rejoint les sociologues et anthropologues, pour développer des recherches qui, sans déroger aux spécificités de leur formation en termes de modes de réflexion et de méthode, ont entrepris de dessiner des lieux problématiques communs où s’éprouvent les différences d’approches. Bien entendu, si cette convergence s’est manifestée d’elle-même, c’est qu’une certaine manière d’interroger le social réunit en l’occurrence toutes les disciplines. En se donnant dès l’origine le nom de « Marcel Mauss », l’Institut ne cédait pas à une facilité d’état civil. Il cherchait d’emblée à épouser ou à retrouver une inspiration qui, née en sociologie, la présentait, non comme une science totale hégémonique, mais comme une approche porteuse d’un point de vue social sur la réalité, qui devait se réfléchir et entrer en résonnance avec d’autres démarches. Autrement dit, la leçon retenue de Mauss, qui engage par définition une collaboration disciplinaire, est que la totalité se trouve du côté du phénomène, et non de la démarche qui l’appréhende. C’est comme telle, donnée dans la réalité quoique non perçue immédiatement, qu’elle doit être reconstruite par les sciences sociales, ce qui requiert une pluralité d’approches. Dans le projet de l’Institut que nous présentons, pour les cinq années à venir,  cette pluralité s’organise avec encore plus de conscience et de résolution, chacun des centres prenant en charge certains types de recherches et certains terrains, mais développant aussi des rapports transversaux sur des thématiques jugées nodales – comme, pour citer les principales, la réflexivité dans l’action, la normativité sociale, la nature réflexive du politique, la dimension sociale des émotions, la transmission générationnelle, le traitement social, politique et juridique des risques environnementaux et de manipulation du vivant.

Ce qui anime ce projet, c’est donc l’intention de faire vivre l’interdisciplinarité en sciences sociales d’une manière qui ne soit pas formelle et généraliste, mais qui permette au contraire à chaque discipline d’aller plus avant sur sa propre ligne, en creusant de façon propre ses domaines de spécialité.

Le fait que l’Institut ait attiré des philosophes dont le corpus de référence est la production en sciences sociales des deux derniers siècles, et attachés à reformuler les problèmes traditionnels de la pensée, de l’action et de la signification, dans une perspective qui intègre leur dimension sociale, n’est donc pas un hasard ;pas plus que le fait que la socio-linguistique et les démarches de socio-sémiotique des formes symboliques aient une place importante dans notre projet ; ou encore que les juristes de l’EHESS, soucieux de désenclaver la science du droit en dégageant la spécificité de la logique juridique enl’appréhendant à même les processus socio-historiques, soient venus nous rejoindre. Il va de soi que l’IMM reste un centre à dominante sociologique. Mais il l’est au sens où c’est par ce biais disciplinaire que s’explicitent pleinement les échanges pertinents entre des approches qui ont le social pour point d’orgue.

Ce n’est pas n’importe quelle sociologie qui se trouve disposée à une telle ouverture. Le CEMS (et, auparavant, le GSPM) se sont toujours distingués comme des laboratoires particulièrement vivants d’innovation conceptuelle et méthodologique. En empruntant à l’ethnométhodologie, à la sociologie de l’action, au pragmatisme et à la sociologie pragmatique, ces laboratoires se sont construits dans un écart par rapport aux paradigmes classiques, et en particulier aux formes d’objectivation caractéristiques de la tradition structuro-fonctionnaliste et de la sociologie critique. Les recherches menées, qu’elles touchent aux questions de l’espace public, du travail, de la santé, de l’activité de gouvernement, de la production des politiques publiques, des formes de diffusion et de réception de l’information ou des questions liées aux risques environnementaux, accordent toujours le primat aux pratiques mises en œuvre par les acteurs dans la temporalité de l’action en commun qui les réunit. Cet engagement a conduit au développement de nouveaux dispositifs d’enquête et à la définition de nouvelles méthodes d’investigation. Cette inventivité est confirmée par le fort ancrage international de nos centres, qui sont devenus des pôles majeurs dans le domaine de la théorie sociale, en débat avec les principales théories contemporaines de l’action collective et de la justice sociale (ce dont témoigne les nombreux projets de collaboration internationale engagés par chacun des Centres qui composent l’IMM).

Dans le projet quinquennal que nous présentons, un nouveau centre apparaît, le LIER, qui entend prolonger cette expérimentation sociologique en prenant plus largement pour foyer d’interrogation les pratiques réflexives à l’œuvre dans les sociétés modernes, dans les différents registres de la santé, des médias, des risques environnementaux et technologiques. Aux côtés d’un centre de juristes (CENJ), d’un centre de sociologues (CEMS) et d’un centre de linguistes et d’anthropologues (LIAS), le LIER – Laboratoire Interdisciplinaire d’Etudes sur les Réflexivité – entend aménager un espace où des sociologues, des philosophes et des historiens, se donnent pour tâche d’étudier la réflexivité qui travaille de l’intérieur les rapports sociaux dans le cadre spécifique des sociétés modernes et contemporaines. Il vise par conséquent à donner à l’interdisciplinarité, caractéristique de l’IMM dans sa globalité, le sens fort d’une pratique de connaissance contrôlée, et qui entreprend, à mesure qu’elle se produit, de penser ses propres conditions et de justifier sa mise en œuvre au plan de la recherche empirique elle-même.

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